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Éthique et développement durable

Les territoires connaissent des transformations importantes qui ont des effets sur les biens collectifs : eau, air, biodiversité, paysages, patrimoine. Le développement durable est une réponse adéquate pour construire dans la durée et pour traduire de l’humanité dans les espaces habités. Pour les Dialecteurs, le développement durable en question passe par l’éthique …collectif.  Comme l’ont soulevé Chris Younès et Thierry Paquot dans un ouvrage co-dirigé :

« L’éthique, selon son étymologie, est un ethos, c’est-à-dire une « manière d’être ». Séjour de l’homme au monde, elle est un mode d’existence qui s’adresse à chacun et se distingue aussi bien d’une morale comme rapport à soi que d’une pensée moralisatrice pour l’Autre. Ainsi, l’éthique participe à la relation à autrui et au monde – à la Nature, à ce qu’on nomme bien hâtivement l’environnement. Elle se confond parfois avec la responsabilité, que nos actes ordinaires ne peuvent pas esquiver, et la déontologie, qui règle les pratiques professionnelles. L’architecte et l’urbaniste, par exemple, sont non seulement responsables juridiquement de ce qu’ils édifient, mais éthiquement. À l’heure où ces métiers connaissent de profondes mutations, à la suite des nouvelles configurations territoriales et des nouveaux modes de vie urbains, la question de l’éthique se pose avec acuité. Bâtir la demeure de l’homme, aménager ses lieux et ses sites ne sont pas une mince affaire. Certes, de trop nombreux professionnels ne s’en soucient guère (…) ». (cf. : Éthique, architecture, urbain, publié aux éditions La Découverte en 2007).

Les enjeux de développement durable sont multidirectionnelles. Au-delà des enjeux environnementaux couramment cités, il semble primordial maintenant de revoir ce qui détermine nos capacités de vivre ensemble durablement. Le temps présent est une invitation pour discuter des enjeux propres à nos conditions de réalisation collective, des régulateurs administratifs du positionnement des identités collectives dans le territoire, de la dynamique spatiale de mise en valeur de ce positionnement, mais aussi des possibilités de représentation de la différence. L’établissement humain est une « demeure » dont les fondations, les poutres et piliers véhiculent et traduisent le sens d’existences dont l’essence est la différence.

Il nous faut donc penser le développement durable sous l’angle de l’éthique, du sens et de la différence. Favorisons des pratiques aménagistes qui s’opposent aux typologies fonctionnelles standardisant l’existence.

 

3 Commentaires

  1. Super article !!!! Très intéressant et formateur.

    L’essence est la différence.

  2. Très belle manière de voir les choses 🙌🏽

  3. Lire aussi l’opinion de Gérard Beaudet (urbaniste, professeur à l’École d’urbanisme et d’architecture de paysage et chercheur à l’Observatoire Ivanhoé Cambridge du développement urbain et immobilier, Université de Montréal)

    «Aménagement du territoire : un ancrage de l’identité territoriale», pulblié dans LaPresse+, le 19 mars 2017

    http://plus.lapresse.ca/screens/a8526b1b-29c2-4498-b632-4e46c1c97c17%7C_0.html

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