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Structures spatiales et égalité des genres

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Le numéro de février 2016 du magazine Patrimoine mondial publié par l’UNESCO présente un dossier sur l’égalité des genres.

Culture, égalité des genres et développement durable peuvent-ils se produire en l’absence d’une structure spatiale qui les manifeste et qui les légitime par conséquent? L’espace en question incarne-t-il un genre,  un ordre du «monde», des trajectoires définissant le rôle des uns et des autres?

Les dialecteurs

Patrimoine Mondial

n°78 – février 2016
Le patrimoine mondial et l’égalité des genres

Le rôle essentiel que joue la culture en tant que moteur du développement durable pour éradiquer la pauvreté et améliorer l’inclusion sociale est aujourd’hui de plus en plus reconnu. Non seulement la culture permet de définir l’identité des peuples, mais elle détermine aussi la façon dont ces derniers façonnent leur avenir. L’égalité des genres, qui constitue une priorité de l’UNESCO, fait référence aux rôles et aux responsabilités des hommes et des femmes et à la dynamique des genres au sein des familles, des sociétés et des cultures.

À bien des égards, les sites du patrimoine mondial de l’UNESCO nous offrent d’excellents exemples en matière d’établissement de normes et de partage de pratiques à travers le monde. Ce numéro de Patrimoine Mondial examine le rôle des genres dans de nombreux aspects du patrimoine, qu’il s’agisse des croyances spirituelles qui soutiennent les fonctions d’un site particulier, des rôles spécifiquement attribués aux femmes et aux hommes, ou des lieux réservés à un seul sexe. Le champ d’application de la Convention du patrimoine mondial étant particulièrement vaste, les 1 031 sites actuellement sur la Liste illustrent les différentes manières dont les hommes et les femmes vivent, travaillent et prient dans différentes cultures.

Ce numéro débutera par une vue d’ensemble du sexisme présent durant les premiers jours de la Convention du patrimoine mondial, de la parité homme/femme dans le cadre de l’examen des propositions d’inscription et des rôles attribués à chaque genre dans la préservation des sites du patrimoine mondial. Nous y examinerons de manière approfondie certains sites du patrimoine mondial, comme les Tombes des rois du Buganda à Kasubi (Ouganda), un lieu sacré gardé exclusivement par des femmes, les Sites sacrés et chemins de pèlerinage dans les monts Kii au Japon, un site doté d’accès distincts pour les hommes et les femmes, les communautés spirituelles de femmes dans les Béguinages flamands en Belgique, le centre orthodoxe du Mont Athos (Grèce), où les femmes et les enfants ne sont pas admis, et le Parc national des Virunga (République démocratique du Congo), qui emploie les premiers rangers femmes dans cette région. La question du genre et de la Convention de 2003 sur le patrimoine culturel immatériel sera également traitée, et nous découvrirons comment le genre est généralement exprimé, joué, et parfois même enraciné dans le patrimoine culturel immatériel.

Tous ces sites illustrent la diversité des cultures, des croyances et des pratiques exercées à travers le monde ainsi que les différents rôles que joue la question du genre. À travers la politique de développement durable adoptée en novembre 2015 par l’Assemblée générale des États parties à la Convention du patrimoine mondial, nous espérons pouvoir évoluer vers une planète plus paisible et plus durable. L’équilibre des pouvoirs au sein de nos relations restera un enjeu clé qu’il sera important de redresser dans ce nouveau cadre.

Mechtild Rössler
Directrice du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO

 

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